La photographie d’oiseaux permet de prendre des images de ces animaux que nous chérissons et de partager ces moments particuliers avec nos proches. Elle peut également inspirer notre communauté à apprécier la nature et la protéger. Elle peut ainsi devenir un passe-temps enrichissant pour ceux qui la pratiquent et toucher ceux qui en contemplent les résultats. Pour obtenir de beaux clichés, il faut tenir compte de plusieurs éléments dont quelques-uns sont décrits ici.

Les connaissances

En plus d’avoir une connaissance approfondie de son équipement, il est fortement recommandé d’obtenir le plus d’informations précises sur le sujet que l’on désire photographier. En effet, connaître son sujet est aussi important que de connaître son équipement. Cette connaissance sera utile pour planifier vos sorties, anticiper une action, reconnaître un habitat adéquat, rechercher un comportement particulier, identifier le moment de la journée où le sujet sera le plus actif, minimiser le dérangement en son endroit, etc. Prenez le temps de lire sur l’animal que vous voulez photographier et prenez le temps de l’observer en nature. Vous serez récompensé par le temps investi dans ces recherches. Débutez en étudiant sérieusement une ou deux espèces communes près de chez vous (ou dans votre jardin). Vous serez étonné par ce que vous apprendrez et ainsi par vos photos, vous deviendrez un respectueux documentariste de la gent aviaire. 
Les connaissances
Plongeons huards, © Philippe Henry
Transmettre une émotion
Harfang des neiges, © Meliza Forest

Transmettre une émotion

Les meilleures photos sont celles qui transmettent une émotion. Obtenir une photo bien exposée d’un oiseau sur une branche est bien, mais ce sont souvent les photos illustrant un comportement naturel qui provoquent une émotion. Vous vous rappellerez longtemps le moment précédant la prise de celles-ci et l’émotion que vous avez ressentie lorsque vous avez pressé le déclencheur. Cela peut être une photo d’action individuelle ou une interaction entre deux individus de la même espèce ou d’espèces différentes. 

Il est bon également de tenter de raconter une histoire par sa photo en faisant ressortir, par exemple, le temps du jour (matin, soir), les conditions météorologiques (brouillard, neige, pluie, etc.), la saison (couleurs d’automne, neige, fleurs estivales), etc. La plupart du temps, cela implique de mettre en valeur l’environnement dans lequel l’oiseau baigne. Laisser plus de place à l’environnement en photo aviaire donne lieu à de formidables images, pourvu que l’histoire qui y est racontée conserve l’attention de celui qui contemple la photo. 
 

LA COMPOSITION

Voici des pistes pour vous aider à améliorer la composition de vos images. Premièrement, évitez les éléments indésirables dans le cadrage. Souvent, vous réussirez à éliminer les branches gênantes en faisant quelques pas de côté. D’ailleurs, n’hésitez pas à vous coucher ou à vous agenouiller dans les herbes! Se mettre à la hauteur du sujet crée un effet de proximité dans une photo. Les gens qui la verront auront l’impression d’entrer dans l’univers de l’oiseau.

Deuxièmement, assurez-vous que votre sujet sera en évidence. Avez-vous choisi une grande ouverture pour que l’oiseau, net, se détache de l’arrière-plan flou? Une fois les réglages effectués, utilisez la règle des tiers (bien sûr, les règles sont faites pour être brisées!). Imaginez d’abord que votre écran est divisé en 9 carrés. Placez les éléments importants de votre photo à l’intersection de deux lignes, là où ils auront le plus d’impact. Soit dit en passant, il est essentiel de laisser de l’espace devant le regard d’un oiseau. Ainsi, quand vous examinerez le cliché, votre œil ne sera pas attiré à l’extérieur du cadre.

Finalement, recourez à un maximum de stratégies pour vous démarquer. Recherchez des ambiances particulières : la pluie, la neige et la brume ajouteront une touche de magie à vos images. Agencez les couleurs complémentaires. Par exemple, un oiseau rouge ressortira très bien sur un fond vert. Au reste, servez-vous d’un trépied lorsque c’est possible. Si l’oiseau reste longtemps au même endroit, vous pourrez améliorer votre cadrage plus efficacement qu’à main levée.
 

LA COMPOSITION

Canard branchu, © Charles Dion. 2e prix des Grands Prix de la photo QuébecOiseaux 2021

Les angles
Dindons sauvages, © Stéphanie Cloutier

LES ANGLES

Afin d’obtenir des photos créatives, variez vos angles d’éclairage. Les possibilités sont :

  • La lumière de dos
  • La lumière latérale
  • Le contre-jour

En vous positionnant de façon à ce que le soleil soit derrière vous, mais pas tout à fait dans votre dos, vous ferez en sorte que votre sujet soit bien éclairé. Vous pouvez aussi vous placer de telle manière que la lumière atteigne l’oiseau de côté. Enfin, vous pouvez vous tourner face au soleil afin que votre sujet soit à contre-jour et qu’une ligne de lumière entoure sa silhouette. Le contre-jour permet d’obtenir un résultat particulièrement original.

LA LUMIÈRE

Pour une bonne maîtrise de la lumière, privilégiez les sorties pendant les heures dorées (l’heure qui suit le lever du soleil, et celle qui précède son coucher). Ainsi, une douce clarté embellira vos sujets, et leurs ombres seront allongées. Évitez de photographier les oiseaux en milieu de journée s’il fait soleil. À ce moment, les contrastes sont trop forts, et les ombres, trop courtes. Par contre, n’hésitez pas à sortir si le ciel est couvert : les nuages rendent la lumière diffuse (comme un parapluie de studio).

La lumière
Pluvier semipalmé, © Jaelle Rivard
L’approche

L’approche

Pour obtenir les nombreux détails de notre sujet, il faut pouvoir l’approcher. Cette approche peut se faire par l’utilisation d’une longue focale (ex. lentille 300 mm) et/ou par une approche minutieuse. En obtenant cette « proximité », nous pourrons alors soigner plus efficacement notre composition. En tout temps, le bien-être de l’oiseau doit primer sur notre volonté d’obtenir une photo. Il ne faut donc jamais appâter un oiseau ou lui faire vivre un stress artificiel inutile à cause de notre proximité. Ces actions pourraient modifier le comportement de l’oiseau et ainsi nuire grandement à sa capacité de se nourrir, de voler, de se protéger, etc.  Ces dommages, souvent non perceptibles sur le moment, peuvent lui causer un très grand tort. Il faut donc doser notre approche et s’arrêter avant qu’un dérangement soit perceptible. Nous vous invitons d’ailleurs à consulter les règles éthiques de la société Audubon adressées aux photographes d’oiseaux (en anglais).

Pour obtenir de belles photos d’oiseaux, il faut être au bon endroit, au bon moment. Pour ce faire, la multiplication des sorties sur le terrain permettra d’augmenter les occasions de se pratiquer et de faire de belles rencontres ornithologiques.

Merci à Michel Pilon et Valérie Thériault-Deschênes pour leur contribution à cet article.