Un Courlis de Sibérie (Far Eastern Curlew en anglais) a été découvert à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, le 1er septembre 2026. L'oiseau a été repéré par l'ornithologue Florent Bélanger, marquant la toute première mention de l'espèce dans l'est de l'Amérique du Nord et seulement la troisième au Canada.
Une espèce venue de l'autre bout du monde
Le Courlis de Sibérie est un très grand limicole, reconnaissable à son bec long et recourbé en forme de cimeterre, qu'il utilise pour extraire des invertébrés cachés au fond de terriers profonds dans la vase. L'espèce niche normalement en Sibérie et migre vers l'Asie de l'Est et l'Océanie pour hiverner. Sa présence en Amérique du Nord est extrêmement rare.
Les deux seules mentions canadiennes précédentes remontent à 1984, près de Vancouver, et à 2017, près de Whitehorse, au Yukon. Aucun individu n'avait jamais été signalé auparavant dans l'est du continent.
Selon la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l'UICN, le Courlis de Sibérie est classé « en danger ». On estime sa population mondiale entre 20 000 et 35 000 individus, un nombre en déclin, notamment en raison de la perte d'habitats de halte migratoire le long des côtes de la mer Jaune, en Asie.
Un rassemblement d'ornithologues
Dès l'annonce de la découverte, plusieurs dizaines d'ornithologues ont convergé vers Carleton-sur-Mer pour tenter d'apercevoir l'oiseau, certains ayant parcouru de longues distances, notamment depuis la Pennsylvanie. QuébecOiseaux s'attend à ce que cet afflux se poursuive et s'amplifie au cours des prochains jours et des prochaines semaines, alors que des ornithologues venus de partout en Amérique du Nord devraient converger vers la Gaspésie pour tenter d'apercevoir cette rareté exceptionnelle.
« Cet événement illustre bien l'ampleur que prend l'ornithologie comme loisir au Québec. Selon un sondage réalisé par SOM en 2024, ce sont près de 3 millions de Québécoises et de Québécois qui s'adonnent à l'observation des oiseaux, un engouement qu'on sous-estime souvent, notamment sur le plan récréotouristique. Une mention comme celle-ci peut attirer des visiteurs de partout en Amérique du Nord vers une région comme la Gaspésie, avec des retombées bien concrètes pour les communautés locales », affirme Jean-Sébastien Guénette, directeur général de QuébecOiseaux.
Maxime Čapkun-Huot, biologiste chez QuébecOiseaux et coordonnateur du programme eBird Québec, a lui-même effectué l'aller-retour jusqu'à Carleton-sur-Mer pour observer l'oiseau. « Voir un Courlis de Sibérie au Québec, c'est presque irréel. C'est le genre d'observation qu'on associe à l'autre bout du monde, pas à nos propres berges. Ça témoigne aussi de l'importance du réseau d'observateurs et d'outils comme eBird, qui permettent de documenter rapidement ces mentions et d'en informer la communauté », mentionne-t-il.
Cette mention exceptionnelle a également permis à l'ornithologue Sylvie Robert de devenir la première femme au Québec à avoir observé au moins 400 espèces d'oiseaux différentes sur le territoire québécois.
Photo par Maxime Čapkun-Huot


.png)



.png)