Saviez-vous que la lumière peut être une forme de pollution? La pollution lumineuse a un impact majeur sur les écosystèmes, y compris sur les oiseaux. La bonne nouvelle, c’est que cette pollution est facilement réversible. Il suffit de fermer l’interrupteur!

La pollution lumineuse consiste en l’utilisation excessive ou inappropriée de lumière artificielle, qui change la luminosité par rapport aux niveaux naturels. Souvent, elle provient de systèmes d’éclairage mal conçus, excessifs, mal dirigés ou inefficaces. Elle altère les cycles naturels de la lumière et, par conséquent, a des impacts sur les écosystèmes, la faune et la flore. Quand on parle de pollution lumineuse, on déplore notamment le voilement des étoiles, la désynchronisation du jour et de la nuit ainsi que la perception altérée de l'environnement.

La pollution lumineuse
Ciel étoilé avec pollution lumineuse à l'horizon © Martin Mark
Pollution lumineuse - les effets
Pollution lumineuse au dessus d'un lac © Sean Liu

Les effets de la pollution lumineuse

La pollution lumineuse a plusieurs effets négatifs sur les écosystèmes, la santé humaine, la consommation d’énergie, l’observation du ciel étoilé, etc. Le gaspillage d’énergie entraîne des coûts d’électricité plus élevés, ce qui a des impacts économiques négatifs, simplement pour « éclairer le ciel »! De plus, contrairement aux perceptions, moins d’éclairage n’entraîne pas plus de criminalité. Chez l’humain, la lumière nocturne perturbe également la production de mélatonine ainsi que la qualité du sommeil et peut causer des problèmes de santé.

Les animaux et les plantes sont aussi touchés par la pollution lumineuse, notamment puisqu’ils dépendent du cycle du jour et de la nuit pour des activités comme l’alimentation, le repos, les déplacements et la protection contre les prédateurs. Des espèces sont attirées et piégées par la lumière, alors que d’autres sont repoussées. Pour certaines, la lumière peut former une barrière infranchissable et causer la fragmentation de l’habitat au même titre que la destruction d’un milieu naturel.

Des comportements qui doivent être synchronisés avec les saisons (indiquées par le temps d’ensoleillement quotidien), comme la reproduction, la migration et l’hibernation, sont aussi affectés. Les papillons de nuit, le zooplancton dans les lacs, les grenouilles et rainettes, les tortues marines, les chauves-souris et les oiseaux ne sont que quelques exemples d’espèces impactées par la pollution lumineuse.

Les impacts sur les oiseaux

Les oiseaux sont particulièrement affectés par la pollution lumineuse : perturbation du rythme biologique, risques de prédation, épuisement à fuir les halos lumineux vers lesquels ils sont attirés, collisions, déviation de leur trajectoire migratoire, etc. Un éclairage en hauteur, de forte intensité, orienté vers le ciel et de couleur froide (p. ex. blanc, bleu) les rend particulièrement vulnérables. Différentes activités sont ainsi influencées, par exemple:

  • Recherche de nourriture : Notamment pour les oiseaux de proie nocturnes et les insectivores dont les proies sont fatalement attirées par les lumières extérieures.
  • Reproduction : Activité territoriale de chant prolongée par la luminosité ambiante et calendrier de nidification bouleversé.
  • Départ en migration : Peut être perturbé et devancé, avec des impacts dramatiques si les conditions météorologiques et la nourriture au site d’arrivée ne sont pas adéquates à ce moment.

Chez les oiseaux migrateurs, en Amérique du Nord, environ 80 % des espèces migrent pendant la nuit. Les sources naturelles de lumière, comme la lune, les étoiles et l’horizon illuminé (p. ex. à l’aube et au crépuscule), les aident à s’orienter. L’éclairage artificiel pendant la nuit, tout particulièrement lorsque les oiseaux survolent des zones fortement éclairées comme les grandes villes, les désoriente et peut les faire dévier de leur trajet migratoire. Ils sont alors plus susceptibles de: 

  • Entrer en collision avec des structures et des bâtiments.
  • Se retrouver piégés dans les halos de lumière et perdre de grandes quantités d’énergie à voler en rond et lancer des cris, désorientés.
  • Au lever du jour, se retrouver dans un milieu urbain souvent hostile et, à cause de l’épuisement, être plus vulnérables à d’autres dangers (collisions, prédation, famine, etc.).
  • Arriver plus tard aux lieux de reproduction ou d’hivernage à cause des détours et des arrêts plus fréquents qui peuvent prolonger le temps de migration.
Pollution lumineuse - les impacts
Oiseaux dans les faisceaux lumineux de l'hommage « Tribute in Light » à New York © Brian Tofte-Schumacher / Wikimedia Commons »

Les bonnes pratiques à adopter

La réduction de la pollution lumineuse ne veut pas nécessairement dire de ne plus éclairer, mais bien de mieux éclairer. Une meilleure gestion de l’éclairage et des systèmes bien conçus permettent en effet de réduire les impacts négatifs de l’éclairage artificiel nocturne tout en assurant un environnement sécuritaire. Chacun peut faire sa part pour préserver l’environnement nocturne en suivant ces cinq grands principes :
  • Utilité : Chaque lumière devrait avoir un but précis et être nécessaire à l’endroit où elle est installée. 
  • Orientation : La lumière devrait être dirigée vers le sol uniquement. Aucune lumière ne devrait être envoyée vers le ciel, au-dessus de l’horizon ou vers le voisinage. Installer un abat-jour au besoin.
  • Couleur : Privilégier des couleurs chaudes (2 200 Kelvin (K) et moins), de préférence ambrée, dont l’impact est moindre que celui des couleurs froides comme le blanc et le bleu.
  • Intensité : Diminuer l’intensité pour obtenir un éclairage sobre et uniforme avec moins de contrastes, permettant d’améliorer la visibilité et de réduire l’éblouissement.
  • Période : Éclairer seulement lorsque nécessaire et réduire l’éclairage en dehors des heures d’activité. Installer une minuterie ou un détecteur de mouvement, ou simplement éteindre les lumières en fin de soirée.
Vous souhaitez en faire plus?
  • Lorsque le soleil est couché, fermez les rideaux et les stores pour éviter que la lumière intérieure filtre et contamine l’extérieur.
  • Fermez les lumières pendant les pics de migration des oiseaux au printemps (avril-mai) et à l’automne (août à octobre).
  • Participez à La nuit aux oiseaux
Pollution lumineuse - principes pour passer à l'action 2
Illustration : Rémi Boucher / Réserve internationale du ciel étoilé de Mont-Mégantic

En savoir plus

Les normes et recommandations gouvernementales encadrant la pollution lumineuse ainsi que de nombreux guides techniques sont accessibles aux citoyens, aux organismes et aux municipalités. Nous sommes tous en mesure de faire des choix éclairés afin de minimiser les impacts de la pollution lumineuse.

Pour en savoir plus, consultez les sites suivants :